top of page

Tribune pour une vie non commentée

Depuis quand décide-t-on d’imposer ses croyances aux autres ?

Je me pose réellement la question car à mesure que je grandis, je traverse des épisodes de vie qui me laissent perplexe.


À l’approche du carnaval notamment, je reçois presque systématiquement des « conseils » non sollicités, m’invitant à ne pas honorer cette fête — sous peine de sanctions promises par le Très-Haut.


Je ne crois pas avoir une seule fois évoqué mes croyances publiquement, et ça ne commencera pas aujourd’hui. En revanche, j’ai toujours pris soin de rappeler un principe simple : la liberté de l’autre s’arrête là où commence la mienne.


Dans notre culture antillaise le magico-religieux est tellement présent qu’une épreuve est souvent suivie d’une « enquête mystique » afin de déterminer qui est responsable du malheur vécu.

Lorsque la personne concernée correspond aux normes rassurantes de la société (j’entends par là une personne hétéro-croyante, accrochée à sa bible matin midi et soir) : le mal vient toujours d’ailleurs. Il faut alors prier afin d’obtenir protection.


Lorsqu’il s’agit d’une personne sans étiquette rassurante, elle devient elle-même le problème.


Je fais partie de cette catégorie de personne.


Je suis d’ailleurs un vrai mystère pour ma propre famille.

Des gens que j’aime, profondément, mais qui ont appris à survivre dans la crainte plutôt qu’à risquer la joie.


Je ne leur en veux pas. Je comprends d’où vient cette peur.

Pour vivre ainsi, il faut souvent avoir appris très tôt à se protéger du monde, à se faire petit, à choisir la prudence plutôt que l’élan.


Moi aussi, j’ai connu des épreuves.

Tôt.

Et peut-être est-ce précisément pour cela que j’ai choisi une autre voie : celle de vivre malgré tout. De ne pas négocier ma liberté. D’agir en accord avec ce que je suis.


Je ne peux pas — même si je le voulais — répondre à la peur par la peur.

Ce serait me trahir.


Mais revenons-en au sujet principal : les croyances.

Ce qui m’interroge n’est pas la foi, mais la place qu’on accorde à la peur.

Cette tendance à voir le mal partout, au point d’en oublier la beauté du monde qui se donne pourtant à voir, chaque jour.


N’êtes-vous pas épuisés de traquer le diable à chaque détour pendant que son opposé tente de vous montrer la beauté de ce monde — avec ses joies, ses chutes, ses zones d’ombre et de lumière ?


Vous frisez la paranoïa dès qu’une épreuve vous frôle… mais vous savez quoi ? Une épreuve n’est pas toujours un message.

Parfois, il n’y a pas de réponse au « pourquoi ».

Et lorsqu’il y en a une, elle appartient à celui qui la traverse — pas aux témoins, encore moins à leurs peurs projetées.


Projeter vos peurs ne font que les accroitre et vous font perdre en liberté.

Perdre en liberté, c’est étouffer vos élans.

Étouffer vos élans vous fait limiter vos actions.

Limiter vos actions vous empêche de vous accomplir, puis mène à la frustration – celle qui supporte mal la liberté des autres (et donc la mienne vous comprenez).


Vos choix pour votre vie vous appartiennent.

Les miens aussi.


Cette tribune n’a pas pour but de vous rassurer sur qui je suis,

ni de rappeler ce que représente le carnaval.

Elle est là pour dire une chose simple :


avec ou sans carnaval,

avec ou sans religion,

avec ou sans prière,

ma vie ressemble exactement à ce qu’elle doit être —

quelque chose qui ne regarde que moi.



6 commentaires


cantogwladys
13 janv.

Ce texte est d’une résonance!!

Pkoi la projection de cette peur sur notre personne!? J’imagine que cela vient de quelques bien plus ancrés… Mercii Mercii pour tes mots pleins de sens et de liberté… ✨💙

J'aime
Coco Zabrico
Coco Zabrico
13 janv.
En réponse à

Merci pour ton commentaire <3 Tu sais comme souvent : il fallait que ça sorte parce que je trouve qu'il y a un petit réajustement à faire dans nos rapports...

J'aime

Très beau texte ! Merci pour ce partage ♥️... "Vivons donc la vie qui ressemble exactement à ce qu'elle doit être " !

J'aime
Coco Zabrico
Coco Zabrico
13 janv.
En réponse à

Merci pour ton commentaire <3 Oui vivons tout simplement !

J'aime

Un texte criant de vérités avec une facilité , une aisance à passer d'un état à l'autre, d'une pensée à l'autre... Le rythme y est et les messages sont nombreux... Quel plaisir de s'évader, de réfléchir et prendre conscience par le biais de ces quelques lignes.... Hâte d'en lire davantage.....

J'aime
Coco Zabrico
Coco Zabrico
13 janv.
En réponse à

Merci pour ton commentaire. C'est un peu mon essence d'écriture dire pour réfléchir ensemble et avancer.

J'aime

Pour recevoir
l'actu du site :

Mèsi an pil !

bottom of page